APOLLODORE

Électryon, Ptérélas, Amphitryon, Alcmène

Ugo Bratelli, 2001

Livre II, 4, 6

II, 4, 6. Quand Électryon régnait à Mycènes, les fils de Ptérélas, avec l'aide de Taphos, vinrent revendiquer le royaume de Mestor, leur grand-père maternel. Électryon refusa d'entendre leurs raisons, et les fils de Ptérélas, alors, emmenèrent ses troupeaux de vaches. Les fils d'Électryon coururent à la rescousse ; dans l'affrontement qui s'ensuivit, ils s'entre-tuèrent tous. Parmi les fils d'Électryon, seul Licymnios survécut, parce qu'il était encore un enfant ; et des fils de Ptérélas, seul Évérès se sauva, parce qu'il était resté garder les navires. Les Taphiens qui réussirent à s'échapper s'embarquèrent en emportant avec eux le bétail volé, et le confièrent à Polyxénos, le roi des Éléens. Par la suite, Amphitryon le racheta et le rapporta à Mycènes. Cependant, Électryon voulait venger l'assassinat de ses enfants : il confia à Amphitryon son royaume, mais aussi sa fille Alcmène (après lui avoir fait jurer qu'il garantirait sa virginité jusqu'à son retour), et il se prépara à faire la guerre aux Téléboéens. Mais au moment de récupérer le bétail volé, tout à coup une vache le chargea, et Amphitryon lui jeta la massue qu'il avait à la main ; la massue frappa les cornes de l'animal, rebondit, et atteignit Électryon à la tête et le tua. Fort de ce prétexte, Sthénélos bannit Amphitryon de tout le territoire de l'Argolide, et prit lui-même le pouvoir sur Mycènes et sur Tirynthe ; puis il fit appeler Atrée et Thyeste, les fils de Pélops, et il leur confia le trône de Midéa.

Amphitryon, en compagnie d'Alcmène et de Licymnios, se réfugia à Thèbes, où il fut purifié par le roi Créon, qui donna la main de sa sour Périmède à Licymnios. Alcmène accepta d'épouser Amphitryon, s'il vengeait la mort de ses frères. Amphitryon jura, et mit sur pied une expédition pour combattre les Téléboéens, sollicitant l'aide de Créon. Le roi accepta, à la condition qu'auparavant Amphitryon libère la Cadmée du terrible renard qui la dévastait. Amphitryon donna sa parole ; et cependant les destins avaient établi que personne ne pourrait prendre cette bête.