APOLLODORE

Mort de Tydée et disparition d'Amphiaraos

Ugo Bratelli, 2002

III, 6, 8. Les Argiens battirent alors en retraite. Comme les morts étaient nombreux, sur décision des deux armées, Étéocle et Polynice s'affrontèrent en duel pour le royaume, et s'entre-tuèrent. Mais une farouche bataille s'engagea alors, où les fils d'Astacos s'illustrèrent : Ismaros tua Laomédon, Léadès tua Étéoclos, Amphidocos tua Parthénopée. Euripide affirme pour sa part que Parthénopée fut tué par Périclymène, le fils de Poséidon. Mélanippos, le plus jeune des fils d'Astacos, blessa Tydée au ventre. Comme il gisait au sol, mourant, Athéna demanda à Zeus un philtre destiné à le rendre immortel, et le lui porta. Mais Amphiaraos s'en aperçut et, comme il le haïssait - c'est contre son avis que Tydée avait persuadé les Argiens de faire la guerre à Thèbes - il coupa la tête de Mélanippos (que Tydée malgré sa blessure avait tué) et la lui donna. Tydée la coupa en deux et dévora la cervelle. À ce spectacle, horrifiée, Athéna suspendit son geste et lui refusa son salut. Amphiaraos s'enfuit le long du fleuve Isménos ; alors que Périclymène s'apprêtait à le frapper dans le dos, Zeus jeta sa foudre et ouvrit la terre : Amphiaraos disparut avec son char et son aurige Baton (Élatos pour certains) ; Zeus le rendit ensuite immortel. Seul Adraste se sauva, grâce à son cheval, Arion, né de Poséidon et de Déméter, quand la déesse, pareille à une Furie, s'était unie à lui.