DIOGÈNE LAËRCE

EMPÉDOCLE (Pythagoricien)

Traduction Robert Genaille, 1933

Empédocle, selon Hippobotos, était fils de Méton et petit-fils d’Empédocle, et originaire d’Agrigente [1] . Timée confirme le fait (Histoire, livre XV) et nous dit que cet Empédocle, grand-père du poète, fut un homme très en vue. Hermippe écrit exactement la même chose. Héraclide (des Maladies) nous apprend aussi qu’il était issu d’une famille riche, et que son grand-père avait une écurie de courses. Ératosthène, de son côté, dans ses Victoires olympiques, rapporte qu’à la soixante et onzième [2] olympiade, le père de Méton fut vainqueur. Il s’appuie pour cela sur le témoignage d’Aristote.

Apollodore le grammairien dit dans ses Chroniques :

Il était le fils de Méton. A Thourioi,

Tout récemment fondée,

Il vint, nous dit Glaucos.

Il ajoute quelques vers plus loin :

Et ceux qui racontent qu’il s’enfuit de chez lui

Et vint à Syracuse combattre pour cette ville

Contre les Athéniens, ceux-là ne connaissent pas la vérité,

A mon avis du moins, car à ce moment, il n’existait plus,

Ou il était perclus de vieillesse, ce qui même

N’est pas probable [3] .

Aristote, en effet, et Héraclide disent qu’il mourut à soixante ans. Quant à son aïeul, qui remporta la victoire avec ses chevaux aux jeux de la soixante et unième olympiade, il portait le même nom que lui, en sorte que sa vie est notée aussi, ce qui peut faire confusion, dans les écrits d’Apollodore.

Satyros, dans ses Vies, dit qu’Empédocle était fils d’Exainète, qu’il eut lui-même un fils nommé Exainète, et qu’à l’olympiade où il remporta la course de chevaux, son fils remportait le prix de la lutte, ou de la course selon Héraclide en son Abrégé. Et pour ma part, j’ai trouvé dans les Commentaires de Phavorinos qu’Empédocle sacrifia en présence des délégués aux jeux un boeuf fait de cire et de miel, et qu’il eut pour frère Callicratidès.

Télaugès, fils de Pythagore, dans sa lettre à Philolaos, dit qu’Empédocle était fils d’Archinome.

Qu’il était originaire d’Agrigente, ville de Sicile, lui-même nous l’apprend au premier livre des Purifications :

O mes amis, qui sur les bords du blond Acragas [4]

Habitez l’Acropole de la grande cité.

Sur son origine, voilà donc ce que l’on a dit : Timée (Histoires, livre IX) dit qu’il fut disciple de Pythagore, qu’il fut convaincu de vol de discours, et qu’on lui défendit d’assister aux entretiens de la secte, mésaventure qui était déjà survenue à Platon. Voici ce que Timée dit de Pythagore :

Il y avait parmi eux un homme extrêmement savant

Qui possédait la plus grande richesse de pensée.

D’autres auteurs veulent que ces vers fassent allusion à Parménide. Néanthe, de son côté, dit que jusqu’à Philolaos et Empédocle les Pythagoriciens faisaient leurs entretiens en public, mais quand Empédocle eut vulgarisé leurs théories par ses vers, ils posèrent en règle formelle l’interdiction de divulguer la doctrine à aucun poète (la même mésaventure était arrivée à Platon). Néanthe ne dit pas de quel Pythagoricien Empédocle fut le disciple. Il ne croit pas authentique la lettre, attribuée à Télaugès, où cet auteur écrit qu’Empédocle fut disciple d’Hippase et de Brontinos. Théophraste dit qu’il fut très attaché à Parménide, dont il imita les poèmes. Parménide a fait en effet, comme lui, son Traité de la nature en vers. Hermippe prétend qu’il est faux d’en faire le disciple de Parménide, et qu’il fut au contraire celui de Xénophane, dont il s’efforça d’imiter les vers épiques ; il n’aurait fréquenté les Pythagoriciens que plus tard. Alcidamas (Physique) dit que Zénon et Empédocle furent en même temps disciples de Parménide, puis ils le quittèrent ; Zénon fonda alors une secte, tandis qu’Empédocle allait suivre l’enseignement de Pythagore, auquel il prit ses théories sur la nature, tandis qu’il imitait l’austérité et l’ascétisme de Zénon. Aristote (Sophistes) dit qu’Empédocle fut l’inventeur de la rhétorique, et Zénon l’inventeur de la dialectique. Il affirme (Livre des poètes) qu’Empédocle imita le style d’Homère, qu’il était un maître en élocution, et qu’il usait de métaphores et de toutes les autres figures propres à la poésie. Il ajoute même qu’il avait écrit entre autres poèmes une Traversée de Xerxès et un Hymne à Apollon : sa fille les aurait brûlés par la suite (cf. Hiéronyme), involontairement pour l’hymne, mais volontairement pour les vers sur la Perse, qui lui paraissaient imparfaits. Il ajoute qu’il écrivit des tragédies et des ouvrages politiques.

Héraclide, fils de Sérapion, prétend toutefois que ses tragédies ne sont pas de lui. Hiéronyme affirme en avoir lu quarante-trois. Néanthe dit qu’il écrivit les tragédies pendant sa jeunesse, et qu’il les a eues entre les mains par la suite. Satyros, dans ses Vies, dit aussi qu’il était un excellent médecin et un bon orateur. Et il est sûr en tout cas que Gorgias de Léontinie fut son disciple, Gorgias, qui fut un orateur tout à fait remarquable et qui a laissé un traité de rhétorique, le même qui, selon Apollodore dans ses Chroniques, a vécu cent neuf ans. Satyros dit de ce Gorgias qu’il racontait avoir fréquenté Empédocle quand celui-ci faisait de la magie. Empédocle le dit dans ses poèmes, et en particulier dans les vers suivants :

Tous les philtres par quoi on évite la vieillesse et les maladies,

Tu les sauras, car à toi seul, je les communiquerai tous ;

Tu calmeras ainsi la colère des vents infatigables qui sur tout

Faisant rage, dévastent les champs de leurs souffles,

Et au contraire, tu pourras à ton gré faire se lever des vents bienfaisants,

Faire succéder un beau temps aux noires pluies

Et donner aux hommes, au lieu des étés torrides,

Les ondées bienfaisantes aux arbres, qui viennent en été,

Et tu rappelleras le mort des enfers pour lui rendre sa force.

Timée dit encore (Histoires, livre XVIII) que cet homme avait en lui nombre de qualités admirables.

Par exemple, aux jours où les vents étésiens soufflaient si fort qu’ils arrachaient les fruits, il fit écorcher des ânes et placer leurs peaux sur les collines et au sommet des monts, pour arrêter leurs souffles. Et comme les vents cessèrent, on l’appela « l’Arrête-Vent ». Héraclide (des Maladies) dit qu’il dicta à Pausanias son livre intitulé l’Apnoun. Ce Pausanias (cf. Aristippe et Satyros) était son mignon, il lui dédia son Traité de la nature en ces termes :

Pausanias, écoute, ô fils du sage Anchitès.

Il a fait aussi sur lui cette épigramme :

Pausanias, médecin, fils éponyme d’Antichès,

Géla, ta patrie, a nourri un fils d’Asclépios,

Qui sauva de nombreux malades cruellement atteints

Des demeures de Perséphone.

Pour l’Apnoun, Héraclide nous explique ce que c’est : c’est une maladie qui conserve le corps trente jours sans respiration et sans pulsations. C’est pourquoi il appelle le philosophe médecin et devin, en s’appuyant sur ces vers d’Empédocle :

O mes amis, qui au bord du blond Acragas habitez

L’acropole de la grande cité, et vivez honnêtement,

Salut : je viens à vous tel un immortel et non tel un mortel,

Pour être honoré par tous, comme il convient à ma nature,

Le front ceint de bandelettes et de couronnes de fleurs.

Quand je passe dans les plus grandes villes

Avec mon cortège d’hommes et de femmes, je suis honoré

Et des milliers de gens me suivent

Pour connaître le sentier qui mène vers le bien ;

Les uns veulent connaître l’avenir, et les autres

Obtenir les paroles qui guérissent toutes les maladies [5] .

On dit qu’Agrigente s’appelait la grande (…….         ) [6] parce qu’elle comptait quatre-vingt mille habitants. C’est pourquoi Empédocle a dit, faisant allusion à leur vie luxueuse : « Les Agrigentins s’amusent comme s’ils devaient mourir le lendemain, mais ils ornent leurs maisons luxueusement, comme s’ils devaient vivre éternellement. » On dit que ses Purifications furent chantées à Olympie par le rhapsode Cléomène (cf. Phavorinos, Commentaires). Aristote dit qu’il était très libéral et très peu soucieux de commander, s’il est vrai, comme le dit Xanthos dans ses livres sur lui, qu’il refusa la royauté qu’on lui offrait, ce qui prouve clairement qu’il était attaché à une vie simple.

Timée a dit la même chose et il voit dans ce caractère la cause pour laquelle Empédocle fut si populaire. Il raconte en effet qu’à un festin donné par les Archontes, le dîner était fort avancé, et l’on ne versait pas à boire. Les autres convives ne disaient rien, Empédocle se mit en colère et demanda qu’on lui en apportât. Son hôte lui expliqua que l’on attendait un grand personnage du Sénat. Dès qu’il arriva, il fut nommé roi du banquet, évidemment à l’instigation de celui qui l’avait invité, et il fit aussitôt sentir son pouvoir tyrannique. Il prescrivit en effet que l’on boirait et qu’en cas de refus on verserait le vin sur la tête du récalcitrant. Sur le moment Empédocle se tut. Mais le lendemain, il fit appeler au tribunal et condamner à mort à la fois l’hôte et le symposiarque [7] . Car c’était là, disait-il, la préformation de la dictature. Une autre fois, le médecin Le Haut (Acron) demandait au Sénat qu’on lui réservât un emplacement pour élever un monument à son père parce qu’il avait été un des médecins les plus importants, mais Empédocle monta à la tribune et s’y opposa et, après avoir parlé longuement de l’égalité, lui posa encore cette question : « Quel éloge écrirons-nous sur le monument ? Celui-ci, peut-être ?

Le haut médecin Le Haut de la Hauteville, fils d’un père très haut,

Repose dans le haut de la haute colline de sa haute patrie.

Quelques auteurs citent encore le deuxième vers ainsi :

Repose dans un haut tombeau au haut d’une hauteur [8] .

Quelques auteurs veulent que ce mot soit de Simonide.

Plus tard, Empédocle fit dissoudre le conseil des Mille, qui existait depuis trois ans, afin d’en faire non seulement un conseil des riches, mais de tous les vrais démocrates. Toutefois Timée (livres I et II, car il parle souvent d’Empédocle) dit qu’il n’était pas tout à fait favorable à ce régime démocratique. Il y a dans ses oeuvres des passages où l’on peut voir de l’orgueil et de la suffisance. Ne dit-il pas :

Salut, je vais chez vous comme un dieu immortel, non comme un homme

etc. Pendant qu’il séjournait à Olympie, il chercha à se faire remarquer et réussit à devenir le sujet des conversations de tout le monde. Plus tard, quand il voulut habiter Agrigente, les descendants de ses ennemis s’opposèrent à son retour. Et c’est pourquoi il quitta le pays et vint au Péloponnèse, où il mourut. Timon ne l’a pas épargné, il le raille en ces termes : « Et Empédocle, la crécelle de place publique ? Tout ce qui était faible, il l’a pris pour principe, et il a institué des principes qui en demandaient d’autres. »

(Sa mort est diversement racontée.) En effet Héraclide, parlant de l’« apnoun » et expliquant comment Empédocle tira une grande gloire d’avoir sauvé une femme morte, raconte qu’il accomplit un sacrifice près du territoire de Peisianax. Il réunit là quelques-uns de ses amis, entre autres Pausanias. Le festin achevé, les convives se retirèrent à l’écart, les uns sous des arbres proches du champ, les autres où il leur plaisait, mais Empédocle resta où il était couché pour le repas. Quand, au matin, les convives se réveillèrent, Empédocle fut le seul qu’on ne pût trouver. On le chercha, on interrogea les serviteurs, qui déclarèrent ne rien savoir, un seul déclara qu’il avait entendu au milieu de la nuit une voix très forte qui appelait Empédocle, qu’il s’était levé, et qu’il avait vu une lumière céleste, et des torches allumées, mais rien d’autre. Les convives en étaient tout ahuris, quand Pausanias descendit et envoya des gens pour le chercher. Mais par la suite, il défendit d’y apporter tant de soin, disant qu’Empédocle avait obtenu la fin qu’on devait souhaiter et qu’il fallait désormais lui faire des sacrifices comme à un homme devenu dieu.

Hermippe raconte ainsi la chose : Une femme nommée Panthéia, condamnée par les médecins, fut soignée par Empédocle. Il la guérit et pour cela offrit un sacrifice. Les invités étaient au nombre de quatre-vingts. Et Hippobote raconte qu’Empédocle se leva de table et s’en alla dans la direction de l’Etna, semble-t-il, et qu’étant arrivé là, il se jeta dans le cratère au milieu du feu et disparut, voulant affirmer la réputation qu’il avait d’être un dieu. La chose fut connue par la suite, car une de ses sandales fut rejetée par le volcan, intacte ; il portait en effet par habitude des sandales de bronze. Pausanias a fortement protesté contre l’inexactitude de cette histoire.

Diodore d’Éphèse, écrivant sur Anaximandre, dit qu’Empédocle l’imitait en tout, dans sa grandiloquence à la manière tragique comme dans son vêtement rude. La peste s’étant abattue sur les gens de Sélinonte [9] par suite des émanations malsaines du fleuve, les hommes en dépérissaient, et les femmes avaient des accouchements difficiles. Empédocle, apprenant la chose, fit faire à ses propres frais des travaux pour amener dans ce fleuve l’eau de deux rivières voisines, et par ce mélange, il rendit les eaux plus saines. La peste cessa alors, et comme les gens de Sélinonte offraient un festin en sacrifice près du fleuve, Empédocle leur apparut. Tous se levèrent et lui rendirent alors les honneurs comme à un dieu. C’est pour confirmer cette opinion des gens qu’il se jeta dans le feu.

A cette tradition s’oppose Timée, qui écrit très justement qu’Empédocle quitta le Péloponnèse et n’y revint jamais, en sorte qu’on ne sait pas comment il mourut. Héraclide, lui aussi, contredit formellement cette tradition dans son quatrième livre. Il soutient que le territoire de Peisaniax est à Syracuse, et qu’Empédocle n’eut jamais de maison à Agrigente. Il ajoute que si la chose était exacte, Pausanias aurait élevé un tombeau à son ami, ou une statue, ou une chapelle comme à un dieu. Car il en avait les moyens.

« Comment, disait-il, serait-il allé se jeter dans un cratère dont il n’avait jamais parlé, bien qu’il fût proche de son pays ? Il est mort dans le Péloponnèse, et il n’est pas étonnant que son tombeau ne soit pas connu, il y en a beaucoup d’autres dans le même cas. »

Timée dit à peu près la même chose, et il ajoute : « En vérité, Héraclide est coutumier de ces histoires absurdes : il dit quelque part qu’un homme est tombé de la lune. »

Hippobotos raconte qu’à Agrigente une statue d’Empédocle fut longtemps cachée. Découverte plus tard, elle fut portée au sénat romain (c’étaient évidemment les Romains qui l’avaient transportée). D’ailleurs, on trouve encore maintenant des statues peintes de cet homme.

Néanthe de Cyzique, qui a écrit lui aussi sur la secte pythagoricienne, dit qu’à la mort de Méton, commencèrent à apparaître les premiers indices de la tyrannie, et qu’Empédocle alors persuada les Agrigentins de cesser leurs querelles de partis, et de suivre une politique d’égalité, et qu’étant lui-même riche, il dota plusieurs filles qui étaient sans dot. C’est à cause de cette richesse qu’il portait des vêtements de pourpre et une ceinture d’or, nous dit Phavorinos (Commentaires, livre I) et encore des souliers de bronze et une couronne delphique. Il portait des cheveux longs, se faisait suivre par des esclaves, et gardait toujours la même gravité de visage. Il marchait donc ainsi, et qui le rencontrait croyait croiser un roi et s’en jugeait très honoré. Plus tard, allant à une fête à Messine, il tomba de son char et se cassa la jambe. Il mourut des suites de cet accident à soixante-dix-sept ans. Il a son tombeau à Mégare.

Aristote n’est pas d’accord avec Néanthe sur son âge. Il dit qu’il avait seulement soixante ans quand il mourut. D’autres disent cent neuf ans. Il avait quarante ans vers la quatre-vingt-quatrième olympiade [10] . Démétrios de Trézène (livre Contre les sophistes) dit de lui en style homérique :

Ayant suspendu le lacet au haut d’un cornouiller,

Il s’étrangla et son âme descendit dans l’Hadès.

Dans la lettre de Télaugès déjà citée, il est dit que, vieux et faible, il tomba dans la mer, ce qui causa sa mort.

Voilà exactement les traditions sur sa mort.

Il y a dans mon recueil de vers en tous mètres un poème satirique dont voici le texte :

Empédocle, tu as détruit ton corps en le purifiant par la flamme,

Tu as trouvé la mort dans le feu du cratère ;

Je ne dirai pas que tu t’es jeté à dessein dans le feu de l’Etna,

Mais qu’en cherchant à te cacher, tu es tombé sans le vouloir.

Et cet autre :

Oui, on a dit qu’Empédocle mourut pour être

Un jour tombé d’un char, et s’être cassé la jambe droite,

Mais s’il s’est jeté dans le cratère et y est mort ;

Comment se fait-il donc qu’on trouve encore son tombeau à Mégare ?

Voici quelles furent ses théories : il y a quatre éléments [11]  : le feu, l’eau, la terre et l’air. L’amitié est ce qui unit, la haine ce qui divise. Il écrit :

Zeus brillant, Héra nourricière, et Aïdoné [12]

Et Nestis qui remplit de larmes les yeux des hommes.

Par Zeus il entend le feu, par Héra la terre, par Aïdoné l’air et par Nestis l’eau. Il dit encore :

Changeant toujours, jamais ils ne cessent,

voulant dire par là que l’ordre du monde est éternel. Il ajoute :

Tantôt l’Amour réunit tout en un

Et tantôt la haine divise tout en deux [13] .

Il dit que le soleil est une grande masse de feu, qu’il est plus grand que la lune, que la lune ressemble à un disque plat, que le ciel est semblable à du cristal et que l’âme passe dans toutes sortes de corps, d’animaux et de plantes. Il dit en effet :

Pour moi, je fus un jour, déjà, garçon et fille,

Plante, oiseau, et poisson luisant au fond des mers.

Pour en finir avec ses oeuvres, disons [14] que ses écrits sur la Nature et ses Purifications contiennent un total de cinq mille vers et son Traité de la Médecine six cents. De ses tragédies j’ai parlé plus haut.



[1] Colonie dorienne de Sicile.
[2] Vers 496.
[3] La guerre entre Athènes et Syracuse, épisode de l’expédition de Sicile menée par Alcibiade, est en effet de 415, et Empédocle est mort vers 430, c.-à-d. avant le début de la guerre du Péloponnèse, dont l’expédition de Sicile n’est qu’un épisode.
[4] Fleuve de Sicile, coulant près d’Agrigente.
[5] Début du livre de « Katharmoi » (purifications).
[6] Texte altéré.
[7] Le symposiarque, ou roi du banquet, désigné par les convives, règle la façon dont se déroulera le festin, ce que l’on y fera (discours ou jeux) ; il avait une autorité absolue pendant la soirée (cf. Platon, Banquet).
[8] Jeu de mots sur le nom du personnage : akron (sommet).
[9] Ville de la côte sud de la Sicile, à l’ouest d’Agrigente.
[10] Vers 444.
[11] Le mot d’élément n’est pas un terme d’Empédocle, il ne se trouve pas dans les fragments de cet auteur recueillis par Diels (Poetarum philosophorum fragmenta).
[12] Autre nom d’Hadès. Ces deux vers du fragment 6 d’Empédocle (cf. Diels, ibid.) divinisent les quatre éléments.
[13] Cf. Diels, fragment 17 ; le philosophe reconnaît l’existence de deux principes : l’amour et la haine, un principe d’union, un principe de division. Ces deux principes sont en lutte et l’emportent tour à tour.
[14] D.L. ne donne des théories d’Empédocle qu’un résumé fragmentaire et très incomplet.